Comment j’ai fait une table basse en bois et résine epoxy

Comment j’ai fait une table basse en bois et résine epoxy

Je suis sûr que vous avez déjà vu ces tables dites « rivière » en bois et en résine epoxy. Vous avez peut-être même vu aussi des tables basses plus ou moins originales sur YouTube. Moi aussi. Et j’ai voulu faire ma propre table basse.

Dans cet article, je vous explique comment je m’y suis pris, je vous transmets mes enseignements, les problèmes que j’ai rencontrés, et je vous liste mon matériel.

Comme je l’indique aussi à la fin, je suis joignable si vous avez un projet similaire à me confier. Pas sûr que j’accepte vu le temps que ça prend mais bon, je suis ouvert au dialogue…

Petit avertissement écologique préalable

En parlant de ce projet à un ami artiste (allez voir son travail : @drpetiot), j’ai appris qu’il y avait des enjeux écologiques à l’utilisation de la résine epoxy. On n’en parle pas souvent mais en effet, il semble bien que le rejet de produits réalisés avec cette matière soit source de pollutions environnementales assez graves.

Je voudrais donc souligner deux points avant d’aller plus loin. D’une part, prenez avec des pincettes cet article en gardant à l’esprit qu’écologiquement, la matière n’est pas idéale pour l’environnement. Par ailleurs, si vous êtes amenés à jeter ces produits, faites-le de manière coordonnée avec votre déchèterie locale.

Les étapes de la fabrication

1. La réflexion de départ

Voici comment je m’y suis pris pour la fabrication de la table basse. J’avais une idée assez claire de ce que je voulais réaliser : la structure principale devrait être faite avec des planches de bois de palette, et le tout serait enfermé dans un coffrage de résine epoxy. Je voulais une forme ovale et quelque ch* ose de globalement assez brut.

Je savais donc que j’allais devoir :

  • Commencer par un « coffrage » en plastique ovale dans lequel je coulerais la résine
  • Puis, y rajouter les planches (en faisant attention à ce qu’elles tiennent bien dans le coffrage)
  • Puis, couler à nouveau de la résine epoxy

Pour les finitions, je devrais faire un travail de lissage (ponçage et polissage) de la surface, et visser des pieds.

2. La bonne palette

J’ai commencé par me mettre en chasse pour trouver une palette sympa. C’est lors d’une sortie avec mon fils que nous sommes tombés sur cette palette avec des couleurs. Ça m’a tapé dans l’oeil et je me suis dit qu’il y avait un truc à faire avec le côté « peinture à l’arrache ».

Il a alors fallu que je prenne le temps de détacher les 5 planches du dessus. J’ai pu découper les extrémités car la longueur était supérieure à la longueur de ma table, mais j’ai dû détacher au pied de biche les clous au centre. Ça s’est avéré être un enfer, surtout pour ne pas les casser ou trop les tordre. En usant de patience et d’huile de coude, je m’en suis bien tiré.

Notez que j’ai conservé les clous fixés dans les planches, et je les ai découpés du côté où ils dépassaient. Je voulais garder la présence de ces clous plutôt que des trous. Ça participait au rendu industriel que je voulais donner à l’ensemble.

3. Le coffrage

C’était une des parties les plus délicates du projet. J’y ai apporté beaucoup de soin mais honnêtement, j’aurais même dû en apporter encore plus. C’est décisif : le coffrage conditionne la qualité de l’ensemble.

J’ai commencé par faire un socle avec du médium recouvert d’une bâche plastique. C’était ma principale et première erreur dans le projet.

L’idée d’utiliser une bâche plastique visait à faciliter le démoulage de la résine epoxy, mais aussi de donner un rendu bien lisse au fond du coffrage. Or, si je pensais avoir bien tendu la bâche, il n’en était probablement rien au moment du coulage. De plus, j’ai eu la très mauvaise idée de rajouter une cire pour faciliter le démoulage. Le plastique a gondolé et créé des vagues dans la bâche. Je m’en suis rendu compte plus tard, constatant que le poids de la résine n’avait pas été suffisant pour tout aplanir : le dessous de ma table n’est pas régulier…

Pour les côtés, j’ai mis des bandes de plexiglass (6 centimètres de haut) « compressées » sur les 2 côtés par des équerres vissées dans le médium. Je pensais que la forme naturelle des 2 bandes de plexiglass formeraient un ovale régulier. Je me suis rendu compte par la suite que je me trompais.

Comment découper du plexiglass ?

Je m’y suis pris à plusieurs fois, et probablement très mal. Au début, j’ai essayé avec une scie circulaire mais le résultat de la découpe était catastrophique, avec plein d’entailles. J’ai alors essayé de découper en ayant protégé mon tracé préalablement avec du scotch de réparation assez épais (d’habitude ça fonctionne bien pour le bois) mais le résultat était tout aussi misérable.

Au final, j’ai tailladé au cutter à de nombreuses reprises le plexiglass jusqu’à créer une fente assez profonde, des deux côtés. Puis, j’ai exercé une pression la plus uniforme possible pour tordre le plexiglass et qu’il casse le long de la ligne. Ce n’était pas parfait du tout et si ça m’a permis de faire mon coffrage correctement, il faudra que je m’améliore sur la manière de découper cette matière.

Si vous avez des astuces, n’hésitez pas à les partager en commentaire.

Ensuite, j’ai en tout cas tracé l’ovale au feutre noir (seconde erreur du projet) formé par les parois du coffrage. J’ai alors détaché la bâche du médium pour reporter la forme ovale sur les planches. C’est alors que j’ai bien compris que mon ovale n’était pas régulier, pas symétrique.

Alors, j’ai dû réajuster l’ovale en reprenant des repères symétriques. Je me suis alors rendu compte que dessiner un ovale régulier, ce n’était pas forcément de la tarte…

Un coffrage ovale, c’est pas si facile…

4. Préparation des planches

Je suis alors passé à la préparation des planches. Ça a consisté simplement à choisir les planches dans le bon ordre, reporter le patron de la forme ovale, choisir un peu la forme globale… Honnêtement, c’était la partie la plus sympa : celle où on commence déjà à voir le rendu final. J’ai bien pensé à tailler mes planches de manière à ce qu’elles soient plus petites que le coffrage.

J’ai aussi préparé les planches avec un peu de ponçage (mais pas trop non plus) et j’ai commencé à badigeonner les planches avec de la résine. L’idée est déjà de créer une première couche pour que le bois absorbe bien une première dose de résine pour rendre la matière bien étanche.

5. Coulage de la résine

Une fois avoir préparé les planches, constitué mon coffrage avec le médium recouvert de bâche, les parois latérales en plexiglas maintenues au ruban adhésif, et isolé le tout avec un pistolet à la colle chaude (ne lésinez pas sur cette phase : il faut que le coffrage soit très très étanche), j’ai commencé le coulage.

J’ai d’abord fait une première hauteur de résine, dans le fond du coffrage. Je l’ai fait en plusieurs fois, constatant, comme je le disais plus haut, que la bâche avait gondolé avec la cire de démoulage, et qu’il fallait donc une hauteur assez importante pour obtenir une première partie bien plane.

Puis, j’ai posé les planches dans une nouvelle coulée « fraîche » et recouvert de résine, en allant bien dans les fentes et sur les côtés. Malgré la préparation des planches en amont, j’ai eu plusieurs émissions de bulles. Quand elles sont rares, il était assez facile de les retirer avec un décapeur thermique, mais j’ai eu aussi pas mal d’endroit qui ont beaucoup bullé. Au final, ce n’est pas vilain, mais qui veut un rendu sans bulle devra probablement faire plusieurs couches de préparation avec ses planches.

Enfin, j’ai recouvert ces couches de nouvelles coulées jusqu’à finir de constituer toute la hauteur voulue.

Un mot à propos du séchage

Pour que la résine prenne bien, il lui faut une température à peu près constante d’environs 20°C. Dans mon cas, ça m’a obligé à faire sécher les coulées dans une chambre, la dépendance dans laquelle je bricole n’étant pour le moment pas chauffée. Mon chat n’a pas été mettre ses pattes dedans, je n’ai pas eu à protéger mon ouvrage…

Notez en tout qu’il faut quand même bien ventiler la pièce durant les heures qui suivent une coulée. L’odeur n’est pas insoutenable mais pas forcément des plus agréables.

J’ai procédé en tout à 7 coulées de mémoire. L’idée est qu’il ne faut pas faire des coulées de résine trop épaisses en une fois pour que le séchage se passe bien. Evidemment, tout au long de cette étape, il est vital de bien vérifier, et ajuster si nécessaire, le niveau du coffrage. Un coffrage qui ne sera pas de niveau donnerait nécessairement un socle de biais. J’ai bien géré ce point !

6. Les finitions

Après plusieurs jours de séchage après la dernière coulée, j’ai démoulé l’assemblage. Le rendu était plutôt bon. Quelques bulles étaient visibles sous les planches et le dessous du socle de la table basse avait bien imprimé le plastique qui avait gondolé mais rien de rédhibitoire. D’ailleurs, je trouve que les bulles donnent un côté plutôt sympa.

Ce que j’aurais pu faire pour corriger les irrégularités du dessous

Les irrégularités du dessous du coffrage (liées à la bâche qui avait gondolé) auraient pu être rattrapées : j’aurais pu refaire un coffrage sur les côtés après démoulage, en ayant retourné l’ensemble et refaire une coulée de résine d’uniformisation. La flemme, l’empressement de terminer, et le sentiment que ça ne me gênerait au final pas plus que ça m’en ont dissuadé.

C’est aussi à ce moment que je me suis rendu compte que le feutre qui m’avait servi à tracer mon ovale sur la bâche s’était transféré sur la résine… Ça m’aura servi d’enseignement, même si j’ai pu les gommer au ponçage.

J’ai donc procédé aux finitions avec :

  • une phase intense, longue, mais gratifiante, de ponçages successifs avec des disques de plusieurs grains, du plus épais au plus fin, avec ma ponceuse excentrique. C’est d’ailleurs durant la première phase de ponçage, au grain 80, que j’ai pu rattraper les coins et les petites imperfections du coffrage.
  • deux phases de polissages (tout aussi satisfaisantes, surtout qu’il s’agissait de l’une des dernières étapes)

Attention, ce ponçage doit impérativement se faire avec un masque de protection. La poussière de résine epoxy (surtout avec les ponçages les plus fins) est une véritable cochonnerie. Si vous poncez de la résine epoxy, faites-le dans un endroit ventilé et protégez-vous avec un masque filtrant adapté !

Enfin, j’ai appliqué une couche d’huile de finition à l’ensemble.

7. Fixation des pieds

Pour les pieds, je me suis simplement procuré 4 pieds filaires chez Leroy Merlin à la hauteur voulue. J’ai fait des trous de préparation à l’emplacement des vis avec une mèche à bois assez fine, pour ne pas créer de fente au vissage.

J’ai enfin vissé des vis à placo (25mm) pour maintenir les pieds. Avec le recul, je me suis dit que j’aurais même probablement pu n’utiliser que 3 pieds : la stabilité aurait été suffisante et ça aurait donné un look original, mais je voulais conserver une certaine symétrie.

Mon conseil : protégez votre sol avec ce type de pieds à l’aide d’embouts en plastique pour pieds filaires.

J’aurais pu utiliser des pieds tels que ceux de tiptoe.fr mais je trouve vraiment leurs prix terriblement exorbitants.

Et voilà le résultat :

Le matériel utilisé

L’équipement total représente un certain coût qui rend tout sauf rentable la construction d’une telle table. Vous l’aurez compris, le facteur « plaisir de faire sa table soi-même » joue largement. Une bonne partie de l’équipement pourra également me servir à nouveau pour de futurs projets.

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1. Matériel utilisé pour fabriquer le coffrage

  • Une planche de medium (dimensions supérieures à la taille finale de la table basse)
  • Une bâche en plastique (type celles qui servent à protéger le sol pour peindre les murs)
  • Une plaque de plexiglass (dont la longueur correspond à un demi-périmètre de l’oval)
  • Du scotch de réparation
  • Un pistolet à colle chaude si vous n’en avez pas déjà (15 €)

À mon sens, il est possible de se passer de la cire de démoulage (10 €), qui a fait gondoler ma bâche en plastique au fond. Préférez faire votre coffrage intégralement en plexiglass.

2. Matériel pour travailler la résine

  • De la résine, pardi ! Comptez 10 € du kilo. Dans mon cas, j’ai pris un lot de 6Kg mais j’ai du en reprendre un peu par la suite.
  • Je ne les ai pas utilisés car je voulais conserver la résine la plus transparente possible mais il est possible d’utiliser des colorants pour teinter la résine. Attention, il faut vraiment en mettre très peu et être constant et précis dans ses proportions pour les projets qui se déroulent en plusieurs coulées. Notez que ça peut tout de même être pertinent de bleuter un peu la résine si l’on veut éviter le jaunissement naturel qui peut intervenir dans le temps si la résine est exposée au soleil.
  • Des disques de ponçage avec des grains différents (21 € le lot de 100 disques de différents grains)
  • Un kit de polissage pour perceuse (11 €)
  • Une huile de finition
  • Il faut enfin un pot ou un seau en plastique propre pour préparer votre résine. Pour ma part, j’ai utilisé un ancien pot d’une plante, en plastique, que j’ai bien nettoyé.

3. Matériel de protection pour travailler la résine epoxy

4. Sans oublier…

Enfin, j’ai aussi acheté 4 pieds filaires de hauteur 40cm noirs (14,90 € l’unité). Il faudrait lister aussi les outils habituels auxquels on peut s’attendre : cutters, scie, visseuse, perceuse et forêts, etc.

Résumé de mes principales erreurs

Si je devais refaire ce projet, voilà ce que je changerais :

  • Je remplacerais le fond de mon coffrage avec une bâche en plastique par une surface en plexiglass. J’ai voulu aller à l’économie en tendant une bâche en plastique mais comme vous l’avez vu, le résultat était décevant avec la cire qui l’a fait gondoler.
  • Je badigeonnerais au moins 2 fois les planches avant de passer aux coulées de résine. J’ai eu pas mal de bulles et j’aurais bien aimé essayer d’en retirer un maximum. Au final, elles ne me dérangent toutefois pas trop…
  • Je n’utiliserais pas de marqueur sur les surfaces du coffrage en contact avec la résine (ça s’imprime !)

Ce que j’en retiens

Après les travaux de rénovation de ma maison, c’est le premier vrai projet dans lequel je me suis lancé et que j’ai fait vraiment tout seul. J’ai adoré le faire avancer petit à petit dans le temps.

Ça m’a pris beaucoup de temps au final (il y a pour pas mal d’heures de travail) mais c’était extrêmement gratifiant de faire aboutir cette idée. Je dois dire en outre aussi en conclusion que j’ai pris beaucoup de plaisir à vous raconter ça dans cet article.

écrit par
Guillaume Vendé
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Guillaume Vendé

J'habite Amiens, en Picardie, et je réalise des émissions en podcast et je produis du contenu en ligne.

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