Un peu de recul sur les attentes

Avoir des attentes, c’est un sentiment assez formidable et en même temps, représente un piège qu’il faut savoir identifier. Je l’ai appris il y a peu. Retour en arrière.

En ce début d’année j’ai lu un livre : Science, santé, doit-on tout gober ? et j’accroche à fond ! En le lisant, je me suis rendu compte qu’il représentait l’outil que j’avais toujours cherché à pour partager des notions de scepticisme à mon entourage. Il allait devenir bien plus facile pour moi de partager ce livre que de rentrer dans des argumentations difficiles à animer…

Assez rapidement, nous avons décidé avec Mat, avec qui j’anime Relife, un podcast sur l’amélioration du quotidien, d’inviter l’auteur dans un épisode et aborder des notions du livre de vive voix, ensemble. J’avais une attente assez dingue de cette émission. Celle-ci est indéniablement un succès au vu des nombreux retours positifs que nous avons eu à son sujet. Vous pouvez d’ailleurs l’écouter à la fin de cet article. Pourtant, un sentiment d’amertume m’a envahi assez rapidement après la mise en ligne de l’épisode.

La raison principale était une mauvaise impression de ma prestation, de mes interventions… Difficile d’en lister concrètement les origines mais un signe pour moi a été de devoir refaire l’introduction de l’épisode à plusieurs reprises ce qui ne m’arrive pour ainsi dire jamais… Et pourtant, j’aurais dû suspendre mon jugement à ce sujet : j’avais moi-même indiqué qu’il fallait ne pas porter soi-même trop de jugement sur nos prestation dans mon article : Mon top 10 des trucs à éviter de faire dans un podcast.

Pour ne rien arranger, je diffuse un épisode de la Voix de Guillaume dont la teneur est (grosso-modo) : grosses attentes, grosses déceptions. Evidemment, vous comprendre le désarroi de l’auteur du livre (et notre invité pour l’épisode de podcast) qui a dû se sentir directement remis en question, pensant que je remettais en question son intervention. Cet article est d’ailleurs l’occasion pour moi de clarifier une nouvelle fois les choses : je suis personnellement ravi de ce qu’a pu faire Florian Gouthière. Mais j’ai appris quelque chose qui va au-delà de l’expérience de podcasteur…

Il faut savoir prendre du recul lorsque l’on a de grosses attentes. En effet, je suis désormais convaincu qu’avec de grosses attentes, on se pénalise seul sur ce que l’on va faire. Une autre manière de le dire, c’est identifier le fait que l’on se met la pression. Les effets sont évidents :

  • On est moins à même de faire « bien » les choses car l’attente que l’on a a tendance à nous impliquer émotionnellement ;
  • Quel que soit le résultat (même très bon), il risque de ne pas être aussi bon qu’une image idéalisée que l’on aura pu se faire de son travail ;
  • Enfin, il amène à influencer la perception des autres personnes qui participent à ce travail avec vous.

Définitivement, je garde un excellent souvenir de cette expérience et je reste au final plus que jamais fier de l’émission que nous avons enregistrée…