Une journée sans mon smartphone

Ca m’est déjà arrivé. Laisser son smartphone chez soi alors qu’on est parti au bureau, ça arrive toujours mais quand on est dépendant comme moi, on peut faire des tonnes d’effort pour venir le récupérer. En général je m’en rends compte assez vite car je sors souvent mon smartphone dans le métro. Mais depuis quelques temps, je préfère largement m’occuper de mon fils dans les transports. Du coup, je me suis rendu compte que je l’avais laissé chez moi quand je suis sorti de la crèche.

Du coup, j’en ai profité pour me faire un petit exercice : passer une journée sans mon smartphone. C’était à la fois l’enfer et beaucoup plus facile que ce que je pensais. Voici les enseignements que je peux en tirer avec un peu de recul :

  • Beaucoup de services auxquels j’accède sur mon smartphone, au quotidien, sont accessibles en ligne sur ordinateur sans soucis : les réseaux sociaux, le mail… donc de ce côté-là, on assouvit assez vite ses pulsions.
  • Ce qui m’a le plus manqué en fait, ce sont les SMS : d’une part pour faire des signes à la maman de mon fils mais aussi, occasionnellement, pour tenir au courant des collègues de l’enchaînement de quelques réunions, pour se retrouver plus facilement. Je ne pensais pas que les SMS me manqueraient autant. Le téléphone, je me suis rendu compte que je n’en avais pas besoin. Qui téléphone encore avec son smartphone ?
  • Un autre service qui m’a beaucoup manqué : Evernote. Surtout avec la dernière version sur Android qui permet, je trouve, de saisir encore plus facilement des notes à la volée. Je l’utilise notamment dès qu’une idée me passe par la tête et pour noter les événements et créations de mon fils. Aujourd’hui, par exemple, il avait mis des gommettes sur une citrouille en papier (qui sert de déco dans sa section) et je n’ai pas pu le prendre en photo. Je pourrai rattraper cette photo demain mais bon, c’est toujours une petite chose en plus à laquelle il faudra penser…
  • Enfin, au final, je me suis senti « en manque » de quelque chose… J’ai ressenti cette absence, dans ma poche, dans ma main. Le smartphone est devenu un prolongement de moi-même (je ne pense pas être le seul) et ne pas l’avoir a provoqué en moi une forme de malaise… en tout cas pour une partie de la journée. J’avoue qu’à d’autres moments (assez nombreux je dois dire) j’ai aussi ressenti une forme de liberté. Ne plus dépendre d’un appareil, de notifications, m’a vraiment fait aussi beaucoup de bien.

Voici les actions que j’en tire pour l’avenir :

  • Une assurance « zéro d’oubli » : le matin, je vais installer une routine, que j’avais déjà lue (voir 6. Review) qui consiste bêtement prendre 2 minutes avant de partir pour faire le tour de l’appartement (ce n’est pas comme si on vivait dans un château) et regarder mon calendrier. Avec un peu de recul, je suis frappé du nombre de fois où je m’empresse de partir et où je me rends compte que j’ai oublié quelque chose… 2 minutes, multipliées par le nombre de jours passés à mettre en place une telle routine, on peut penser que ça fait beaucoup. Mais au final, ça fait quand même moins de temps de perdu que ressortir du métro et revenir chez soi chercher des papiers importants occasionnellement, et c’est beaucoup moins source de stress. Ce sera un moment pour moi, où je tendrai à arrêter le temps et à respirer.
  • Finalement, dans la mesure où ça ne me pénalise pas plus que ça que de ne pas avoir de smartphone (en tout cas pas au point que ce soit gênant pour que ma journée se déroule correctement), je pense même que je renouvellerai volontairement cette expérience à l’avenir. En effet, je pense que je serai amené à d’autres reprises à laisser mon smartphone à la maison, afin de ressentir le sentiment de liberté que je décrivais plus haut. Vous l’aurez compris, cette mésaventure m’a finalement fait plus de bien que de mal. Si vivre tous les jours sans smartphone me semble pour le moment impensable, je dois pouvoir mettre le curseur malgré tout un peu plus loin de la case correspondant à la dépendance.
  • Je vais emmener dans mon sac, tous les jours (surtout ceux où je n’emmènerai pas mon smartphone, si je refais volontairement l’expérience à l’avenir), un carnet traditionnel en papier. Un petit, qui ne prend pas trop de place, avec un stylo bien entendu, pour pouvoir remplacer, au moins en partie, Evernote en mobilité. Beaucoup préfèrent d’ailleurs déjà l’utilisation des carnets pour la prise de notes à celle des smartphones. Bien que je n’en fasse pas partie à la base, cette journée m’incite tout de même à repenser à cette solution.

Et vous ? Est-ce que ça vous est arrivé d’oublier votre précieux chez vous ?