L’obsolescence programmée : un autre point de vue

Le constat peut paraître simple : les appareils ont une durée de vie de moins en moins importante. On met souvent en regard le cas de la machine à laver de mémé qui tenait des dizaines d’années et l’appareil que l’on acheté il y a un an et un jour. Face à ce constat, partagé par un large consensus, un projet de Loi est en train de naître, porté par le Sénateur vert Jean-Vincent Placé visant à lutter contre cette obsolescence programmée.

La supposition de départ (car quand on regarde dans le détail, on constate vite que ces notions sont suggérées, notamment dans les articles qui pleuvent ces dernières heures) vise à faire passer les industriels pour des escrocs, nous vendant des appareils qui tombent en panne sciemment au bout d’une certaine période d’utilisation. Par exemple, votre iPhone supportera un certain nombre de cycles de charge au-delà duquel la batterie ne tiendra plus aussi longtemps, même rechargé à fond.

Mettons tout de suite cartes sur table : je ne suis pas non plus dans la ligne qui vise à faire passer les industriels pour des bienfaiteurs de l’humanité, n’ayant comme ambition qu’apporter plus de services aux consommateurs : je ne me laisse pas abuser et je sais bien qu’il existe un véritable business high tech en 2013, qui n’est sans doute pas prêt de s’essouffler. Oui mais voilà, quand une industrie a le vent en poupe, on cherche toujours à souligner ce qui peut la discréditer. Il y a un peu plus de 3 ans, c’était l’aspect purement écologique des matériaux utilisés qui était en cause. Les années suivantes, on nous a fait porter un sentiment de honte en nous rappelant que ce sont de pauvres salariés chinois qui paient de leur santé pour fabriquer nos précieux. Encore une fois, je ne nie pas ces faits, mais je souligne juste le côté un peu démagogue de ces propos. C’est le jeu, mais essayons de jouer avec des règles rationnelles.

Loin de moi l’idée d’affirmer que je détiens la vérité sur le sujet, mais je ne peux m’abstenir de me faire l’avocat du diable. Prenons les faits sous plusieurs angles :

  • Les industriels calculent la durabilité des appareils produits pour qu’ils lâchent après la période de garantie. Cette première affirmation me paraît simpliste. D’une part parce que techniquement, il apparaît, reconnaissons-le, difficile (plus cher ?) de fabriquer une batterie qui a une durée de vie plus forte mais qui baisse volontairement sa capacité de charge dans le temps. Il est naturel que les batteries, comme les piles rechargeables qui faisaient tourner les appareils d’il y a dix ans, perdent en capacité dans le temps. C’est tout simplement un point sur lequel la technologie n’a pas encore assez avancé, dans un contexte de miniaturisation toujours plus exigeant. Evidemment, cela fait sans doute bien leurs affaires mais de là à dire que c’est volontaire, je trouve le procès d’intention un peu expéditif.
  • Comparons ce qui est comparable. L’exemple le plus évident est le suivant : l’espérance de vie d’un ordinateur a par exemple été divisée par deux en 25 ans, passant de 10 ans en 1980 à 4 ans seulement aujourd’hui. Là encore, on peut y voir un message subliminal : petit à petit, les industriels nous mettraient du matériel de moins en moins durable. Faut-il y voir une intention à part entière qui implique de nous forcer à acheter du neuf ? Ne faut-il pas plutôt y voir une volonté grandissante du consommateur de vouloir toujours le dernier appareil en vogue ? Ne sommes-nous au fond pas plus responsables de la réduction du cycle de renouvellement ? Vous êtes nombreux à avoir des iPhone de 2 ou 3 générations précédentes et, à part le logiciel qui n’est plus supporté confortablement par votre « vieil » appareil, tout tourne encore très bien… De plus, peut-on vraiment comparer les usages des ordinateurs d’il y a 10 ans, avec les usages des ordinateurs d’aujourd’hui ? Sont-ils sollicités à la même fréquence ? A la même intensité ? La comparaison me paraît hâtive… Je reviens plus loin sur cette notion d’obsolescence logicielle.
  • Autre exigence du consommateur d’aujourd’hui : vouloir toujours plus de nouvelles fonctionnalités : et la domotique, en pleine explosion, ne va sans doute rien arranger. Les affichages numériques en façade sur les machines à laver, c’est bien pratique. Mais à force de rajouter des composants et des fonctionnalités aux appareils, ne va-t-on pas risquer de multiplier les pannes ? Est-ce vraiment la faute du constructeur ?
  • Non content de vouloir des appareils qui en font toujours plus, à l’exemple du smartphone qui est devenu à la fois votre meilleur ami, votre ordinateur, votre téléphone, votre assistant personnel et votre hub numérique, le consommateur veut également des appareils qui pèsent toujours moins lourds, toujours plus fins, en étant toujours plus puissants. Evidemment, pour répondre à cette exigence, les industriels sont amenés à faire des choix qui, tôt ou tard, ont des effets de bord : il faut changer le format de câble de l’iPhone pour un plus petit (reconnaissons qu’en ayant opté pour le mini USB au lieu du Lightning propriétaire, Apple se serait ouvert aux standards, mais c’est encore une question annexe – bien que liée – qui associe obsolescence programmée et utilisation des standards) ou bien intégrer si profondément la batterie dans l’appareil, de sorte qu’il devient impossible de la remplacer sans remplacer l’appareil.
  • Obsolescence logicielle : il est curieux de noter que l’obsolescence la plus évidente est sans doute celle qui est la moins soulignée : l’obsolescence logicielle. En effet, on se rappelle de l’exemple de Siri qui n’était disponible que sur les nouvelles machines Apple alors que rien n’empêchait de proposer cette fonctionnalité sur les anciens appareils (cela avait même été démontré avec des développeurs du monde du jailbreak). Rien ne semble souligner ce problème à ma connaissance, dans la Loi. Dommage.

La Loi qui se prépare entend lutter sur le sujet avec plusieurs volets : tout d’abord, punir l’obsolescence programmée de 2 ans d’emprisonnement et d’une amende de 37 500 euros. Le problème c’est qu’il est particulièrement difficile de prouver la volonté de créer de l’obsolescence. On le voit avec les exemples, plus haut, ce n’est pas si simple qu’il y parait d’imputer aux marques cette obsolescence. Il est même difficile de prouver qu’il y a obsolescence. Je n’imagine par ailleurs pas vraiment qui dans une entreprise pourra être envoyé en prison 2 ans sur ce type de cas, ou même quelle sera la difficulté pour un Siemens de payer 37 500 € d’amende…

Autre point : obliger les constructeurs à proposer des pièces de rechange pendant 10 ans. Mais bien sûr… Si la Loi devait être transposée à une situation d’aujourd’hui, Apple serait obligé de continuer à produire et à fournir (sans doute à des prix très abordables) des pièces de rechange pour les Power Mac G5. Et bien sûr, on peut s’attendre à ce que ces productions soient de l’ordre du bénévolat, le coût n’étant nécessairement pas assumé par les consommateurs hein… De là à voir le prix de nos joujoux grimper en flèche pour une exigence française, ça promet…

Enfin, dernier volet, porter la garantie légale de 2 ans à 5 ans et la présomption de défectuosité de 6 mois à 2 ans. Ce point fait écho aux conséquence que je soulève avec le point précédent. Cette exigence aura un coût, tôt ou tard, dans la chaîne de consommation, et qui devra être supporté par quelqu’un…

En conclusion, je voudrais juste rappeler qu’il est noble et sans doute respectable pour l’environnement de se poser ces questions. Loin de moi l’idée de penser que l’industrie évolue dans le monde des bisounours, mais gardons bien l’objectivité nécessaire sur ce débat, qui semble remporter une adhésion (trop ?) enjouée de la part des français.

 

 

Convertir des epub pour le Kobo

Découvrez comment convertir vos ePub pour le Kobo et exploiter ses avantages (notamment la pagination et les statistiques). Le format en question est de type kepub.

Les epub libres mais qui ne font pas tout

Ceux qui ont écouté l’épisode 18 de mon podcast Tablette Café (numéro hors série sur les liseuses numériques) savent que je suis particulièrement attaché à la lecture sur Kobo. J’ai de plus la chance d’avoir une bibliothèque numérique assez fournie : uniquement des formats epub  (le format standard par excellence pour les livres numériques). Evidemment, le Kobo lit nativement et sans aucun problème les fichiers ePub : il suffit de les glisser dedans une fois connecté en USB, éjecter l’appareil et le redémarrer.

Toutefois, il m’est arrivé récemment d’acheter des livres sur le Kobo store (des kepub, donc, mais je ne m’en rendais pas compte) : notamment les excellents « Puits des mémoires » de Gabriel Katz. Et j’ai alors découvert des fonctionnalités avec ces livres sur mon Kobo que je n’avais encore jamais vues.

  • Tout d’abord, la pagination : en bas du livre, la barre du bas indique un numéro de page sur le nombre de pages du chapitre en cours. C’est con, mais c’est déjà un bel avantage pour s’y retrouver et savoir si ça vaut le coup de continuer à lire pour espérer terminer le chapitre en cours. 
  • Par ailleurs, un truc tout bête mais qui devient vite indispensable pour ceux qui, comme moi, doivent bien ajuster leur temps de lecture dans leur emploi du temps : un petit « widget » de statistique de lecture avec le pourcentage du livre lu, le temps restant avant de terminer le chapitre, le temps que prendra la lecture du chapitre suivant, et une répartition graphique du livre par chapitre (chaque barre étant un chapitre ; plus la barre est haute, plus le chapitre contient de nombreuses pages).

Alors voilà, une fois le tome 2 du Puits des mémoires terminé (et le tome 3 n’étant pas encore sorti) je suis retourné sur l’excellent World War Z, de Max Brooks. Mais les petites fonctions me manquaient. J’ai commencé lentement à comprendre que ces fonctionnalités étaient liées aux formats vendus par le Kobo store. Ne s’agissait-il donc pas de fichiers epub standards comme je l’imaginais ? Que nenni. Il s’agit en réalité du fameux format kepub.

La solution

Transformer un fichier epub en kepub (faux epub amélioré – propriétaire – pour les Kobo) va s’avérer finalement assez simple. Tout d’abord, il vous faudra installer le logiciel gratuit Calibre. Déjà, il ‘agit d’une excellente (bien que laide) alternative au logiciel officiel qui permet de gérer les livres sur son Kobo depuis son ordinateur.

Ensuite, vous allez devoir installer un plugin Calibre. Il vous suffira d’envoyer tous vos ePub sur votre Kobo depuis Calibre équipé de ce plugin pour les exporter en kepub.

Vous souhaitez acheter une liseuse Kobo ? Je vous recommande celle-ci !

Petit complément : j’ai changé de liseuse depuis quelques temps et j’utilise désormais un Kindle, où l’on peut également lire les fichiers epub, en utilisant une méthode que j’ai pris le soin de développer.

SAV Google Play approuvé

L’autre jour, j’ai déploré un soucis sur mon Nexus 4. Pour être transparent, je me demande si le fait de ressortir la nano-sim, couplée à son adaptateur, pour la mettre dans l’iPhone 5, et la remettre non stop pendant une semaine a bien aidé. Bref, mon Google phone ne reconnaissait plus la carte SIM (qui était, elle, bien reconnus sur d’autres appareils).

La procédure de SAV chez Google est assez marquante. Il faut déjà parvenir à les joindre par téléphone. Impossible de leur envoyer un mail. Pour cela, il faut se connecter à leur page de contact sur Google Play, durant les horaires d’ouverture de leur service. Sinon, le numéro n’est simplement pas visible.

L’appel est bien souvent rapidement acheminé vers un assistant (bon point) mais ce dernier éprouve visiblement souvent (et dans mon cas en tout cas) de vraies difficultés de compréhension. J’ai du lui épeler au moins une dizaine de fois mon adresse mail (et lui demander de l’épeler en retour pour comprendre où ça coinçait).

En revanche, une fois que l’assistant a accès à votre dossier, c’est vraiment très rapide : il confirme le remplacement de l’appareil. Dans la journée, on reçoit un lien pour commander un Nexus 4 tout neuf, prêt à être envoyé. Il n’y a plus qu’à valider. Le colis est envoyé très rapidement et est parvenu chez moi sous deux jours. Dans le colis figure de quoi renvoyer (sans frais et via Chronopost) l’appareil défectueux.

Sur l’assistance, rien à dire : l’expérience Google est à mon sens satisfaisante.